

Pour la majorité des investisseurs qui achètent des actions avec leurs propres fonds dans un compte espèces classique, la perte maximale se limite à leur mise initiale. Autrement dit, si vous investissez 1 000 $ en actions et que le marché baisse, le pire scénario est la perte de ces 1 000 $ : vous ne devrez pas d’argent supplémentaire à votre courtier. En revanche, la situation évolue radicalement avec le trading sur marge.
Le trading sur marge permet d’emprunter auprès de votre courtier afin d’acquérir plus d’actions que ce que votre capital seul vous autorise. Cet effet de levier amplifie aussi bien les gains que les pertes. Par exemple, si vous investissez 1 000 $ de votre argent et empruntez 1 000 $ sur marge pour acheter 2 000 $ d’actions, une chute brutale du marché peut générer des pertes dépassant votre mise initiale de 1 000 $.
En cas de pertes importantes sur un compte sur marge, le courtier peut déclencher un appel de marge. Il s’agit d’une demande d’apport de fonds ou de titres supplémentaires pour ramener votre compte au niveau d’équité minimal requis. Si vous ne répondez pas rapidement à cet appel, le courtier est habilité à liquider vos positions afin de recouvrer la dette. Dans les cas les plus sévères, si le produit de la vente de vos actifs ne couvre pas l’emprunt et les pertes accumulées, vous devrez le solde restant à votre courtier.
La distinction clé est la suivante : les comptes espèces vous protègent contre toute dette supérieure à votre investissement, tandis que les comptes sur marge exposent à un risque d’endettement. Il est essentiel de comprendre cette différence avant d’intégrer l’effet de levier dans sa stratégie de trading.
Le trading sur marge amplifie systématiquement les gains et les pertes, ce qui en fait un outil à double tranchant pour les investisseurs. Selon la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), la dette sur marge sur les marchés américains a dépassé 650 milliards de dollars ces dernières années, ce qui illustre l’ampleur du recours à l’effet de levier par les investisseurs particuliers et institutionnels. Ce niveau d’endettement met en exergue la nécessité de comprendre les risques inhérents.
Une forte volatilité — lors de corrections soudaines, de crises économiques ou d’événements mondiaux imprévus — peut engendrer des pertes rapides sur les comptes sur marge. Lors de chutes brutales des cours, la valeur nette de votre compte décroît rapidement, risquant de passer sous le seuil de maintien fixé par le courtier. Cela déclenche un appel de marge, dont la rapidité surprend souvent les investisseurs non préparés.
Les principaux risques associés au trading sur marge sont :
Appels de marge : Si la valeur nette de votre compte tombe sous le seuil de maintien du courtier (généralement 25 à 30 % de la valeur totale du portefeuille), vous devez immédiatement ajouter des fonds ou vendre des actifs. Les délais de réaction sont souvent très courts, parfois de quelques heures seulement.
Liquidation forcée : Si vous ne répondez pas à l’appel de marge, le courtier dispose du droit légal de vendre vos actifs sans préavis ni consentement. Cette liquidation forcée peut se faire à des prix défavorables, ce qui peut entraîner de lourdes pertes. Vous ne maîtrisez ni le choix des actifs vendus ni le moment de la vente.
Devoir plus que l’investissement initial : Dans des conditions de marché extrêmes — flash crashs, gaps d’ouverture ou marchés très illiquides — la valeur de vos actifs peut chuter si vite qu’après liquidation, le produit ne couvre pas la somme empruntée. Vous devrez alors le solde restant au courtier, qui peut dépasser votre investissement de départ.
Frais d’intérêt : Les sommes empruntées sur marge génèrent des intérêts, ce qui accroît les pertes si les positions sont défavorables. Ces intérêts peuvent rapidement devenir importants, surtout si les positions à effet de levier sont conservées sur de longues périodes.
Il faut noter que ces risques ne concernent pas uniquement les marchés d’actions traditionnels. Dans la crypto, le trading à effet de levier comporte des risques similaires, souvent plus élevés en raison de la volatilité extrême et de l’activité continue des marchés. Les principes de gestion du risque sont applicables à toutes les classes d’actifs.
Pour réduire le risque de devoir de l’argent en actions et se prémunir contre les dangers du trading sur marge, appliquez les stratégies suivantes :
Évitez l’effet de levier excessif : Utilisez la marge avec prudence et modération. Les traders aguerris conseillent de ne pas dépasser un levier de 2:1. Les débutants devraient éviter la marge tant qu’ils n’ont pas acquis une solide expérience. Gardez à l’esprit que l’effet de levier amplifie autant les pertes que les gains.
Surveillez activement vos positions : Contrôlez régulièrement le solde de votre compte, vos niveaux d’équité et les exigences de marge. Configurez des alertes sur la plateforme de votre courtier pour être averti à l’approche du seuil de maintien. Une surveillance quotidienne s’impose lorsque vous détenez des positions à effet de levier.
Mettez en place des ordres stop-loss : Paramétrez des ordres stop-loss afin de limiter automatiquement les pertes potentielles. Cette protection permet de sortir d’une position avant que la perte ne devienne critique. Attention cependant : en cas de forte volatilité ou de gap, l’ordre stop-loss peut ne pas s’exécuter au prix souhaité.
Maîtrisez parfaitement les exigences de marge : Chaque courtier applique ses propres règles, seuils de maintien et procédures de liquidation pour le trading sur marge. Avant d’ouvrir un compte sur marge, lisez et comprenez ces conditions. N’hésitez pas à poser des questions : l’ignorance des règles ne protège pas en cas d’appel de marge.
Conservez une réserve de liquidités : Gardez sur votre compte des liquidités au-delà du minimum requis. Cette réserve constitue un matelas de sécurité face aux fluctuations du marché et réduit le risque d’appel de marge en situation de volatilité normale.
Restez informé des conditions de marché : Suivez l’actualité, les indicateurs économiques et les évolutions réglementaires. L’intensification de la volatilité ces dernières années a conduit à un durcissement des exigences de marge sur plusieurs plateformes. Être informé permet d’ajuster sa stratégie en conséquence.
Diversifiez votre portefeuille : Ne concentrez pas votre emprunt sur marge sur une seule action ou un seul secteur. La diversification limite le risque qu’une perte importante sur une position entraîne un appel de marge.
Évaluez votre tolérance au risque : Réfléchissez honnêtement à la compatibilité du trading sur marge avec votre situation financière, vos objectifs et votre confort psychologique. Si le risque d’appel de marge est une source de stress, il vaut mieux éviter la marge.
De nombreux débutants se fient à des idées reçues dangereuses concernant les risques du trading d’actions. Beaucoup pensent que le trading est sans risque tant qu’on n’investit que ce qu’on peut se permettre de perdre. Ce principe reste valable pour les comptes espèces, mais il est trompeur pour les comptes sur marge : en trading sur marge, on peut perdre plus que sa mise et finir endetté auprès de son courtier — une surprise fréquente pour les novices.
Autre idée répandue : les courtiers préviennent toujours avant de liquider les actifs. En réalité, la plupart des contrats de marge autorisent les courtiers à liquider automatiquement et sans préavis si le compte passe sous le seuil requis. Cela peut arriver très vite pendant les heures de marché, et l’investisseur découvre après coup la clôture de ses positions à des prix défavorables. La priorité du courtier reste la protection de son prêt, non l’optimisation de vos rendements.
Certains croient aussi que les garde-fous du marché empêchent toujours le compte de passer en négatif. Toutefois, des incidents techniques ou de sécurité peuvent générer des situations imprévues. Selon une analyse récente de la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC), plusieurs investisseurs particuliers ont eu des soldes négatifs lors de fortes turbulences, suite à des mouvements de prix rapides, des retards d’exécution ou des bugs, provoquant des liquidations à des prix inférieurs à ceux anticipés.
Par ailleurs, beaucoup sous-estiment l’impact psychologique du trading sur marge. Le stress du suivi constant, la crainte des appels de marge et la pression d’une dette peuvent conduire à des décisions précipitées. La panique, la vente à perte ou le renforcement de positions perdantes aggravent souvent les pertes sur marge.
Enfin, les taux d’intérêt sur marge varient fortement selon les courtiers et peuvent augmenter en période de tension sur les marchés. Ces coûts s’accumulent chaque jour et réduisent significativement les rendements, surtout en cas de positions à effet de levier de longue durée.
L’essentiel à retenir : le trading sur marge est un outil complexe qui requiert une compréhension approfondie, une gestion active et une tolérance au risque adaptée. Avant d’utiliser la marge, assurez-vous de maîtriser les mécanismes, les coûts et les conséquences potentielles. En cas de doute, consultez un conseiller financier ou débutez par un compte espèces. Préserver son capital est aussi crucial que le faire fructifier, et éviter la dette doit rester une priorité dans toute stratégie d’investissement.
Le trading sur marge consiste à emprunter des fonds en utilisant des espèces ou des titres déposés en garantie pour acheter des actions. La dette naît lorsque vous empruntez jusqu’à 50 % du montant total de la transaction, le reste étant couvert par votre dépôt de marge. Les fonds empruntés génèrent des intérêts.
Le trading sur marge expose à des risques liés à l’effet de levier, à la liquidation forcée et à la réglementation. Si les actions baissent, les pertes sont amplifiées par le ratio de levier. Par exemple, une baisse de 20 % devient une perte de 40 % avec un levier x2. En outre, les frais d’intérêt sur les fonds empruntés alourdissent les pertes.
Un appel de marge est une demande du courtier d’ajouter des fonds pour respecter le niveau minimal du compte. Si vous ne vous exécutez pas, vos positions sont liquidées de force afin de rétablir le niveau requis, ce qui peut entraîner d’importantes pertes.
Les intérêts sur le financement d’actions se situent généralement entre 8 et 12 % par an. Une dette prolongée amplifie les gains et les pertes via l’effet de levier. L’emprunt sur la durée augmente les frais d’intérêt cumulés, réduit la performance nette et accroît le risque de liquidation forcée si la valeur des garanties tombe sous le seuil de maintien.
Fixez des limites de stop-loss strictes, maintenez des réserves de capital suffisantes, évitez le trading sur marge, diversifiez votre portefeuille et définissez les ratios risque/rendement avant chaque opération. Surveillez vos positions et n’investissez jamais de l’argent que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.
La liquidation intervient quand le solde du compte passe sous le minimum de marge requis, entraînant la clôture forcée des positions par le système. Tous les actifs sont alors vendus automatiquement, ce qui peut provoquer de lourdes pertes et épuiser le compte.
Chaque courtier définit ses propres exigences de marge et seuils de liquidation. Certains envoient des appels de marge avant liquidation, d’autres liquident directement sans avertissement. Les règles et exigences varient fortement d’un courtier à l’autre.
La dette d’actions correspond à un emprunt d’entreprise auprès d’investisseurs avec participation au capital, alors que les prêts personnels sont des emprunts individuels sans part sociale. La dette d’actions a le plus souvent des taux fixes ; les prêts personnels comportent des taux plus élevés, variables et des conditions de remboursement plus strictes.











