

Le double creux est une figure graphique majeure en analyse technique qui apparaît après une longue phase de baisse. Ce schéma se caractérise par deux points bas locaux à un niveau de prix quasiment identique, séparés par un sommet intermédiaire. Visuellement, il forme un « W » et annonce une éventuelle inversion de tendance baissière.
Cette figure est essentielle car elle indique un possible retournement de la tendance, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’une nette augmentation du volume d’échange. La structure du modèle est la suivante :
● Premier creux : Il résulte d’une chute rapide du prix jusqu’à une ligne de support clé, suivie d’un rebond. Par exemple, un jeton qui perd 50 % de sa valeur, de 300 $ à 150 $, forme le premier creux.
● Sommet intermédiaire : Après le rebond, le prix remonte (par exemple jusqu’à 195 $), puis redescend. Ce sommet marque un plus haut local et définit la ligne de résistance, essentielle pour valider le modèle.
● Deuxième creux : Le prix baisse à nouveau et revient dans la zone des 150 $, établissant le deuxième point bas. Celui-ci doit être proche du premier, avec une différence maximale de 3 à 5 %.
● Validation du modèle : Elle intervient lorsque le prix franchit la ligne de résistance. Si ce breakout s’accompagne d’une hausse de volume, le modèle est confirmé et signale une forte probabilité de retournement avec une nouvelle tendance haussière.
Le double creux est le contraire du double sommet, qui forme un « M » et marque une inversion de tendance haussière vers une tendance baissière. Pour les modèles à multiples creux ou sommets, le niveau de breakout final s’appelle la ligne de cou : pour le double creux, il s’agit de la résistance ; pour le double sommet, du support.
Repérer un double creux nécessite plus qu’une observation de la forme en « W » : il faut une compréhension solide de la dynamique et du contexte du marché. Les traders professionnels s’appuient sur plusieurs critères et outils pour une identification fiable.
L’identification débute par une analyse visuelle du graphique des prix :
● Rechercher la formation en W comme première étape de reconnaissance du modèle.
● Profondeur du repli : Doit représenter 20 à 50 % de la tendance précédente, indiquant une correction marquée.
● Durée du modèle : Généralement comprise entre 4 et 16 semaines, mais peut varier selon les unités de temps.
● Symétrie des creux : Les points bas doivent être quasiment alignés horizontalement, avec une différence maximale de 3 à 5 %. Plus les creux sont proches, plus le modèle est fiable.
● Corrélation avec les actifs liés : Cela permet de confirmer la tendance générale du marché et renforce la fiabilité du modèle.
L’étude du volume d’échange est cruciale pour valider la figure :
● Activité globale : Le volume moyen doit dépasser celui des semaines ou mois précédents, traduisant un intérêt accru pour l’actif.
● Baisse du volume après le premier creux : Indique un épuisement de la pression vendeuse et une possible fin de la tendance baissière.
● Faible activité au sommet intermédiaire : Reflète l’indécision des acheteurs et la formation d’une zone de résistance.
● Hausse marquée du volume au deuxième creux – surtout lors du breakout de la résistance – confirme la force acheteuse et la volonté d’inverser la tendance.
Les indicateurs techniques apportent des signaux complémentaires :
● RSI (Relative Strength Index) : Des valeurs comprises entre 15 et 30 indiquent une situation de survente, fréquente lors de la formation d’un creux.
● MACD (Moving Average Convergence Divergence) : Une divergence haussière au point de retournement constitue une solide confirmation.
● Bandes de Bollinger : Un prix atteignant la bande inférieure signale une forte anomalie par rapport à la moyenne.
● Oscillateur stochastique : Lorsque l’indicateur repasse au-dessus de la zone basse (généralement sous 20), il signale une inversion possible.
Plus les méthodes de détection et de confirmation sont utilisées, plus le signal est robuste. Sa fiabilité dépend aussi du temps écoulé entre deux contacts avec la ligne de support : plus l’intervalle est long, plus le signal est fort. Un support durable et intact reflète une forte pression acheteuse, rendant une nouvelle baisse improbable, sauf en cas de choc externe.
Pour améliorer la précision du diagnostic, il est recommandé d’utiliser l’analyse fondamentale, de tenir compte du contexte géopolitique et d’examiner les tendances à moyen terme du marché et de l’actif. Points clés à retenir :
● Statistiquement, le modèle affiche une probabilité de réussite de 65 à 80 %, ce qui en fait l’un des outils les plus fiables en analyse technique.
● Il n’est pas universel et doit être adapté à chaque actif.
● Son efficacité requiert une validation continue avec d’autres outils d’analyse.
● Sur les marchés très volatils comme la crypto, la performance peut différer des attentes classiques.
Après le premier creux et le mouvement haussier qui suit, le prix se consolide souvent au sommet intermédiaire, reflétant l’incertitude du marché quant à la direction future. La demande progresse, mais n’est pas encore suffisante pour une cassure nette de la résistance.
Les technologies modernes permettent la détection automatique des doubles creux, doubles sommets et autres figures via des applications de trading ou de scalping algorithmique. Ces outils, souvent onéreux, s’adressent avant tout aux professionnels.
Pour illustrer l’application du double creux, prenons un exemple du marché crypto : le graphique d’Ethereum entre juin et août 2022, où l’on observe un triple creux – une variante avec un creux supplémentaire, parfois appelée « trois rivières ». L’inverse en sommet de marché est le modèle « trois montagnes ».
Chronologie du modèle :
Initialement, Ethereum perd 45 % par rapport à sa moyenne, avec une fausse cassure sous le support clé à 1 000 $ : c’est le premier creux. Le prix remonte ensuite à 1 300 $, formant le premier sommet et la résistance. Après une nouvelle baisse et un rebond, le troisième creux valide le modèle.
Pendant plusieurs semaines, ETH évolue entre le support à 1 000 $ et la résistance à 1 300 $. Cette phase de consolidation accroît la tension et prépare un mouvement fort. Finalement, ETH franchit la résistance.
Une fois le modèle validé, le prix bondit du creux à 1 000 $ jusqu’à près de 2 000 $, soit quasiment un doublement. Cela marque la fin du triple creux et un retour en tendance haussière nette.
L’analyse des volumes montre qu’au niveau du support, le volume augmente nettement par rapport aux périodes précédentes. Cela traduit l’intérêt des institutionnels et particuliers, l’accumulation agressive d’ETH par les « whales » et l’importance psychologique du seuil symbolique des 1 000 $.
Pour autant, la dynamique reste contrastée : certains vendent aussi de l’ETH – par déception, prise de pertes ou rééquilibrage de portefeuille. Le volume grimpe au support, puis diminue quelques jours après le premier creux.
À noter, lors du breakout final de la résistance, le volume de trading n’augmente pas comme attendu, ce qui peut induire en erreur les traders qui ne se basent que sur le volume. Cet exemple illustre la nécessité d’une approche globale, combinant plusieurs outils et une bonne compréhension du contexte et des fondamentaux du marché.
Le trading sur la figure du double creux implique plusieurs stratégies, chacune avec ses avantages et ses risques.
Stratégie classique : La plus répandue consiste à entrer en position longue sur une cassure claire de la résistance, avec des niveaux de take-profit et de stop-loss prédéfinis. Principes de gestion du risque :
● Take-profit : Fixé à 50–100 % au-dessus du creux. Si le point bas est à 150 $, viser 225–300 $.
● Stop-loss : Placé 3 à 5 % sous le second creux pour protéger le capital en cas d’échec du breakout et reprise de la baisse.
Stratégie agressive : Entrée anticipée – pendant ou juste après la formation du second creux. Elle permet d’obtenir un meilleur prix, mais présente plus de risques car le modèle n’est pas confirmé et une nouvelle baisse reste possible.
Stratégie conservatrice : Attendre la confirmation complète du retournement après validation du modèle. Entrer après la cassure et la consolidation au-dessus de la résistance, éventuellement après un retest. Cette approche limite les faux signaux mais peut réduire le potentiel de gain.
À comprendre après la figure : après double creux et premier rebond, on observe souvent une correction, qui ne revient pas au support initial. Les nouvelles tendances haussières mettent du temps à s’installer, avec une croissance modérée au départ.
Utilisation des dérivés : En cas de trading de contrats à terme, il faut prendre en compte les taux de financement, positifs ou négatifs. À l’inverse, le trading sur marge avec effet de levier évite les frais récurrents des futures perpétuels.
Avertissement : La présence d’un double creux – même validée par plusieurs indicateurs – ne garantit pas la réussite du signal. Plusieurs facteurs peuvent invalider le modèle :
Premièrement, une analyse sur différentes unités de temps peut produire des signaux contradictoires – les mêmes mouvements peuvent être interprétés différemment selon l’intervalle.
Deuxièmement, les événements macroéconomiques et géopolitiques – crises, migrations, tensions frontalières, scandales politiques ou chocs financiers – peuvent dominer les signaux techniques et affecter tous les marchés.
Troisièmement, les fondamentaux de l’actif restent prioritaires : si le projet sous-jacent connaît des difficultés (développement, financement, équipe, produit), les perspectives de croissance s’amenuisent quel que soit le modèle technique.
À méditer, les propos de Paul Tudor Jones, trader emblématique : « Je pense que les meilleurs profits se réalisent lors des retournements de marché. Tout le monde dit qu’on se fait tuer en cherchant les sommets et les creux, et que l’essentiel des gains se fait en suivant la tendance. Or, depuis douze ans, j’ai souvent raté le cœur des mouvements, mais j’ai capté de nombreux tops et bottoms et j’en ai tiré profit. »
Outre le double creux, l’analyse technique propose de nombreuses figures graphiques annonçant une inversion de tendance. Les principales sont :
Le modèle tête et épaules compte parmi les signaux de retournement les plus fiables et reconnus. Il est largement utilisé par les professionnels et présente une forte validité statistique.
Structure classique en trois sommets consécutifs :
● Épaule gauche : Formée pendant la tendance haussière, marquant un sommet local suivi d’une correction.
● Tête : Le sommet central, le plus élevé, bien au-dessus de l’épaule gauche. C’est le pic de la tendance haussière et le moment d’optimisme maximal du marché.
● Épaule droite : Formée après la baisse de la tête, avec un sommet inférieur à la tête mais proche de l’épaule gauche. L’incapacité à réaliser un nouveau plus haut signale un affaiblissement de la dynamique acheteuse.
● Ligne de support (ligne de cou) : Tracée au niveau des creux entre les sommets. Cette ligne est déterminante pour valider la figure.
La ligne de cou est souvent inclinée. Les analystes considèrent qu’une ligne de cou descendante traduit un scénario baissier plus fiable, révélant un support fragilisé.
La séquence type prévoit une cassure de la ligne de cou après la formation de l’épaule droite, en général avec un volume inférieur à celui de l’épaule gauche ou de la tête. Un retest de la ligne de cou est fréquent avant la baisse principale.
Un biseau haussier est une structure ascendante avec un corridor de plus en plus resserré entre support et résistance. Malgré sa pente ascendante, il annonce souvent un retournement baissier.
Le biseau haussier s’appuie sur deux lignes de tendance convergentes et montantes, aux inclinaisons différentes. Points clés :
● Hauts et bas croissants, ce qui peut donner l’illusion d’une tendance haussière continue.
● Réduction de l’amplitude des variations, traduisant un affaiblissement de la dynamique.
● Rétrécissement de la plage, qui accroît la tension à mesure que le modèle progresse.
● Baisse du volume d’échange, reflétant le désengagement progressif des acheteurs.
Sur le plan psychologique, le biseau haussier traduit une incertitude croissante : chaque nouveau sommet est plus difficile à atteindre, les oscillations diminuent et la dynamique acheteuse s’essouffle. La rupture sous la limite inférieure du modèle entraîne souvent une baisse marquée.
Un biseau baissier est l’inverse : structure descendante aux lignes convergentes. Malgré son orientation baissière, il précède souvent un retournement haussier.
Ses traits sont similaires au biseau haussier : sommets et creux de plus en plus bas, variations réduites, plage resserrée, volume en baisse. Une cassure au-dessus de la limite supérieure signale une nouvelle tendance haussière.
Le triangle ascendant est un modèle de consolidation rencontré en tendance haussière, généralement perçu comme un signal de continuation, mais parfois annonciateur d’un retournement.
Points distinctifs :
● Ligne de résistance horizontale à un prix fixe, où les vendeurs défendent leur position.
● Ligne de support ascendante, traduisant des points bas de plus en plus hauts.
● Accumulation progressive de la pression acheteuse à l’approche de la résistance.
● Augmentation du potentiel de breakout à chaque test de la résistance, à mesure que l’offre s’épuise.
Ce modèle illustre la volonté des acheteurs de payer plus cher alors que les vendeurs tiennent leur position. En général, ce bras de fer se termine par une cassure et la poursuite de la tendance haussière.
Le triangle descendant est l’inverse : support horizontal et résistance descendante. Figure baissière classique, il annonce en général la poursuite de la baisse.
Ici, les acheteurs défendent le support, mais les vendeurs sont plus offensifs, générant une série de plus hauts de plus en plus bas. La rupture du support entraîne généralement une baisse rapide, la défense acheteuse étant dépassée.
Les traders détectent souvent des signaux de retournement évidents, mais en pratique, les inversions ne se produisent pas toujours comme prévu. Ce décalage entre signaux techniques et comportement réel du marché s’explique objectivement.
En résumé, identifier les figures techniques comme le double creux ne suffit pas pour prendre des décisions de trading pertinentes. Le succès implique d’intégrer de nombreux facteurs : fondamentaux de l’actif, tendances macroéconomiques, géopolitique, sentiment de marché, volume d’échange, et bien plus encore.
Le double creux et les autres figures graphiques ne sont qu’une partie d’une analyse globale. Elles aident à repérer les points de retournement et les entrées optimales, mais sont plus efficaces lorsqu’elles sont associées à d’autres méthodes.
Les professionnels savent que l’analyse technique repose sur les probabilités, non sur des certitudes. Aucun modèle ne garantit un résultat. Gestion rigoureuse du risque, stop-loss, diversification et apprentissage continu sont les piliers d’un trading efficace.
N’oubliez pas : les marchés évoluent, et les figures qui fonctionnaient auparavant peuvent perdre leur efficacité à mesure que leur utilisation se généralise. Esprit critique, adaptation et diversité des sources d’information sont essentiels pour le trader d’aujourd’hui.
Un double creux est une figure d’analyse technique composée de deux points bas locaux à un niveau similaire. Il signale un retournement de tendance baissière vers une hausse. Pour les traders, c’est un signal d’achat important et une zone de support. Une cassure de la résistance entre ces creux confirme la dynamique haussière.
Un double creux apparaît après deux replis consécutifs sur un support similaire, séparés par un rebond. Conditions : le prix touche deux fois le point bas, le sommet intermédiaire est plus haut que les deux creux, et le volume s’accroît lors du second contact. Cela indique une tendance haussière potentielle.
Le double creux se forme après deux replis sur le même support. L’entrée se fait après la cassure de la résistance entre les creux. Placer le stop-loss sous le support. L’objectif de profit correspond généralement à la hauteur de la figure depuis l’entrée. La confirmation passe par une hausse du volume d’échange.
Le double creux comporte deux points de support quasi identiques, le triple creux en compte trois, et le creux en V se manifeste par une chute brutale suivie d’un rebond. Le double creux signale une inversion après deux points bas séparés par une résistance.
Le double creux réussit dans 60 à 70 % des cas lorsqu’il est confirmé par le volume. Le ratio risque/rendement est en général de 1:2 ou 1:3, avec un potentiel de gain nettement supérieur au risque.
Le double creux signale un retournement de tendance. Quand le prix touche deux fois le support puis rebondit, cela confirme la force acheteuse. L’entrée en position longue s’effectue sur la cassure de la résistance avec volume croissant. Placer le stop-loss sous le support.
Le double creux varie selon l’unité de temps : sur les petites unités (4h, 1h), il se forme plus vite avec moins de volume ; sur les grandes (journalier, hebdomadaire), il est plus fiable et significatif. Sur un graphique mensuel, il peut annoncer une forte hausse, alors qu’en horaire il peut s’agir d’un faux signal.











