

Plonky2, système de preuve innovant introduit par Polygon, constitue une avancée majeure dans la technologie des zero-knowledge proofs. Sa démarche hybride combine les forces des SNARK et STARK, deux principales familles de preuves à divulgation nulle de connaissance. Cette approche permet de surmonter les principaux obstacles de performance et de coût qui freinaient l’adoption des systèmes ZK dans l’écosystème blockchain.
Tout système de preuve à divulgation nulle de connaissance repose sur deux piliers. D’une part, la méthode de programmation dans un circuit arithmétique, qui définit la modélisation mathématique des calculs. D’autre part, le schéma d’engagement polynomial, véritable socle cryptographique, qui assure la concision et la vérifiabilité des preuves. Plonky2 optimise ces deux dimensions pour offrir un système efficace et opérationnel dans des cas d’usage concrets.
Plonky2 adopte FRI (Fast Reed-Solomon Interactive Oracle Proofs of Proximity) comme schéma d’engagement polynomial, délaissant les engagements KZG propres aux SNARK traditionnels. Ce choix stratégique permet de lever d’importantes limitations liées aux systèmes à base de courbes elliptiques. En effet, la dépendance de KZG à la cryptographie sur courbe elliptique induit des inefficiences : les courbes les mieux adaptées à la récursivité ne sont pas supportées nativement par les principaux réseaux blockchain, et nécessitent des champs finis d’au moins 256 bits, peu performants sur les processeurs actuels.
FRI offre un compromis original dont Plonky2 tire un avantage décisif. Ce schéma d’engagement permet de produire rapidement des preuves, mais celles-ci sont volumineuses et coûteuses à inscrire sur la chaîne. À l’inverse, FRI peut générer des preuves très compactes, au prix d’un temps de calcul plus élevé. Plonky2 exploite astucieusement ces deux modalités : les preuves volumineuses et générées rapidement servent dans les couches récursives, où la vitesse est critique, tandis que les preuves compactes sont privilégiées lorsque la taille est déterminante, notamment pour la preuve finale soumise au réseau. Cette flexibilité permet à Plonky2 d’optimiser de façon granulaire le compromis temps-espace de FRI à chaque étape du processus de preuve.
Au-delà du schéma d’engagement, Plonky2 repousse les performances en adaptant sa conception au matériel moderne. Les processeurs actuels traitent nativement les opérations sur 64 bits, un atout exploité avec le Goldilocks Field, un champ fini de module p = 2^64 - 2^32 + 1, proposé par Hamish Ivey-Law de Polygon.
Le Goldilocks Field accélère les calculs selon deux axes. D’abord, sa taille de 64 bits permet à tout élément inférieur à p de tenir dans un registre processeur standard. Ensuite, la structure algébrique de ce nombre premier permet des opérations arithmétiques particulièrement efficaces sur les architectures modernes. Le gain est majeur : remplacer un champ de 256 bits (utilisé avec KZG) par le Goldilocks Field de 64 bits multiplie la vitesse de génération des preuves par 40. Cette optimisation écarte le besoin d’un trusted setup et des courbes elliptiques coûteuses nécessaires aux compositions récursives antérieures.
La récursivité est au cœur de la contribution de Plonky2 à la scalabilité blockchain. Dans le cadre des zero-knowledge proofs, la récursivité consiste à prouver, à l’aide d’une unique preuve, la validité de multiples preuves distinctes. Cette capacité change la donne pour le traitement et la compression des transactions : au lieu de valider séparément chaque preuve, il devient possible de les agréger dans une preuve récursive unique, réduisant drastiquement les coûts de validation sur la chaîne.
Plonky2 fonctionne en tandem avec Starky, un système complémentaire conçu par Polygon Zero. Plonky2 excelle dans la récursivité et la composition relationnelle, tandis que Starky se spécialise dans la génération des preuves primaires de transaction. Les deux systèmes partagent le même champ fini et les mêmes fonctions de hachage, assurant leur interopérabilité. Concrètement, Starky génère en parallèle les preuves individuelles à la couche transactionnelle. Ces preuves sont ensuite agrégées par paires via Plonky2, avec des réglages favorisant la vitesse, produisant des preuves volumineuses. On les combine ensuite avec des paramètres adaptés pour obtenir des preuves de plus en plus compactes, jusqu’à une taille optimale pour une publication sur la blockchain.
Ce dispositif atteint un équilibre parfait : rapidité pour les étapes intermédiaires où la vitesse est cruciale, compacité pour la soumission finale sur la chaîne. Les résultats sont tangibles et remarquables. L’évolution des technologies de preuve récursive est manifeste : Plonky2 parvient à générer des preuves récursives complètes sur du matériel standard en quelques millisecondes, là où les solutions antérieures étaient bien plus lentes.
Plonky2 opère une rupture dans le domaine des zero-knowledge proofs en résolvant élégamment les compromis qui limitaient jusqu’ici les solutions ZK de grande échelle. Grâce à l’adoption stratégique de FRI comme schéma d’engagement, l’optimisation pour le Goldilocks Field alignée sur le matériel moderne, et l’intégration de Starky pour la couche transactionnelle, Plonky2 apporte des gains de performance notables tout en préservant la sécurité des preuves. Son architecture récursive permet des solutions de scalabilité blockchain qui transforment un grand nombre de preuves transactionnelles en une preuve compacte unique, adaptée à la vérification sur la chaîne, tout en assurant une rapidité et une efficacité inédites. Ces avancées, attestées par des benchmarks publics, positionnent Plonky2 comme un socle technologique pour les solutions layer-2 et marquent une étape déterminante pour l’intégration opérationnelle des zero-knowledge proofs dans les blockchains de production.
Plonky2 est une implémentation SNARK associant les techniques PLONK et FRI. Successeur de Plonky, il permet la génération efficace de zero-knowledge proofs pour des applications de scalabilité et de confidentialité sur blockchain.
Plonky2 offre une génération de preuves plus rapide et des tailles de preuve plus réduites que les systèmes traditionnels. Le recours à l’engagement polynomial FRI et la récursivité le rendent plus efficace que les approches fondées sur KZG, pour une vérification accélérée et une charge de calcul réduite.
Plonky2 est une implémentation SNARK pour les zero-knowledge proofs sur blockchain. Ses applications majeures incluent les transactions privées sécurisées, les solutions de scalabilité et la vérification cryptographique. Il propose 100 bits de sécurité via la fonction de hachage Poseidon pour une génération et une vérification des preuves efficaces.
Commencez par cloner le dépôt officiel Plonky2 sur GitHub. Analysez les exemples fournis pour appréhender les modèles d’utilisation. Installez la toolchain Rust, puis exécutez les exemples via cargo. Consultez la documentation pour le détail des API. Pensez à migrer vers Plonky3 pour bénéficier des fonctionnalités de nouvelle génération.











