

En s’appuyant sur les principes explorés dans la première partie de notre série sur le restaking, cette suite met en lumière les avancées qui redéfinissent le secteur. L’écosystème du restaking évolue rapidement, EigenLayer s’affirmant comme moteur d’innovation dans l’infrastructure Ethereum. Les récentes annonces stratégiques d’EigenLayer introduisent des évolutions majeures dans le cadre du restaking, ouvrant une nouvelle ère pour la participation des validateurs et des stakers à la sécurisation du réseau, tout en optimisant l’efficacité du capital.
Plusieurs paramètres essentiels du staking au sein d’EigenLayer ont été ajustés afin de renforcer la décentralisation et d’élargir l’accès :
1. Arrivée de nouveaux LST : EigenLayer étend sa gamme d’actifs pris en charge avec trois nouveaux Liquid Staking Tokens (LST) — sfrxETH, mETH et LsETH. Cette initiative vise à diversifier les possibilités pour les restakers et à enrichir l’écosystème. En intégrant des tokens issus de différents protocoles de staking, EigenLayer renforce la robustesse de son infrastructure et offre aux utilisateurs une flexibilité accrue dans le choix de leurs solutions. Cette diversification limite le risque de concentration et stimule la concurrence entre les fournisseurs de liquid staking.
2. Suppression des plafonds individuels : Le plafond individuel de 200 000 ETH sur les LST a été retiré, marquant un tournant dans la politique d’EigenLayer. Ce changement traduit la confiance dans la maturité de l’écosystème du restaking et vise à promouvoir une demande naturelle sur l’ensemble des LST. En éliminant les restrictions artificielles, le protocole facilite l’entrée de participants institutionnels tout en permettant au marché de trouver ses équilibres. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives à la fois pour les particuliers et les institutions qui étaient auparavant limitées dans leur stratégie.
3. Engagement pour la décentralisation : EigenLayer applique une nouvelle méthode d’allocation des points de restaking, confirmant son attachement aux principes de décentralisation. Selon cette approche, les points de restaking distribués à un LST, un LRT (Liquid Re-Staking Token) ou à un dépôt individuel seront plafonnés à 33 % du total des émissions futures. Ce mécanisme favorise une répartition plus équitable des récompenses et de l’influence, évitant la domination d’un acteur unique. Ce dispositif prévient les risques de centralisation et encourage la diversité des solutions de staking.
En ce qui concerne la mise en œuvre, le calendrier d’ajout des LST et la phase de reprise ont été adaptés pour garantir une intégration fluide. La fenêtre de restaking permet, pendant une période déterminée, d’effectuer des dépôts sur les nouveaux LST sfrxETH, mETH et LsETH. Durant cette période, tous les LST listés sur EigenLayer sont accessibles sans plafond, offrant une opportunité ouverte aux participants. À la fin de cette phase, les dépôts sont suspendus afin de procéder à des contrôles et à l’optimisation du système.
L’écosystème du staking Ethereum se diversifie, avec l’apparition de nombreux tokens représentant de l’ETH staké via différents protocoles. Chaque token est associé à un service de staking particulier et présente des caractéristiques, des mécanismes de récompense et des profils de risque propres. Une bonne compréhension de ces tokens est indispensable pour optimiser sa stratégie de restaking.
Le ticker du token natif d’Ethereum est ETH, tandis que l’ETH staké reçoit généralement des préfixes ou suffixes indiquant le protocole. Ainsi, stETH de Lido est devenu l’un des tokens de liquid staking les plus connus. Les tokens récemment lancés — sfrxETH, mETH et LsETH — sont des variantes d’ETH staké ou restaké, chacun rattaché à un protocole différent et proposant des avantages spécifiques.
Pour clarifier le paysage des tokens de staking Ethereum, voici une liste de référence des principaux protocoles et de leurs tokens associés :
| Ticker | Protocole de staking | Description |
|---|---|---|
| ankrETH | Ankr | Solution de liquid staking multi-chaîne |
| cbETH | Plateforme d’échange majeure | Service de staking institutionnel |
| eETH | EtherFi | Token natif du protocole de restaking |
| ETHx | Stader | Réseau de validateurs diversifié |
| ezETH | Renzo | Protocole de liquid restaking |
| LsETH | Liquid Collective | Staking à destination des entreprises |
| mETH | Mantle | Staking intégré à la couche 2 |
| oETH | Origin | Protocole de stablecoin générant du rendement |
| osETH | StakeWise | Positions de staking tokenisées |
| rETH | Rocket Pool | Réseau de staking décentralisé |
| rsETH | KelpDAO | Solution de liquidité pour restaking |
| sfrxETH | Frax | frxETH staké avec auto-compounding |
| stETH | Lido | Protocole leader du liquid staking |
| swETH | Swell | Liquid staking non-custodial |
Chaque token représente une approche différente du staking Ethereum, avec des modèles de distribution des récompenses, de sélection des validateurs et de gestion de la liquidité variés. Le restaking suscite un vif intérêt dans la DeFi, car EigenLayer et d’autres protocoles proposent des incitations supplémentaires au-delà du rendement classique, telles que l’accumulation de points pouvant donner accès à des avantages futurs, comme des tokens de gouvernance ou des airdrops de protocole.
La gamification renforce l’engagement et l’anticipation des utilisateurs, générant une valeur additionnelle au-delà du rendement de base. Par ailleurs, chaque protocole propose différents niveaux de décentralisation, des ensembles de validateurs distincts, des mécanismes de protection contre le slashing et des profils de liquidité uniques. En analysant ces options et leurs spécificités, les participants peuvent choisir les protocoles de staking qui correspondent à leur stratégie, à leurs objectifs de rendement et à leur tolérance au risque.
Alors que le restaking attire toujours plus de capitaux et d’attention, il devient essentiel d’analyser tant les risques que les opportunités qu’il présente. Les débats autour du restaking font intervenir des analyses de membres influents de la communauté Ethereum, soulignant l’importance d’un développement équilibré.
Vitalik Buterin, cofondateur d’Ethereum, a soulevé des points d’attention majeurs sur le restaking, notamment les risques systémiques pour l’écosystème blockchain. Dans un billet de blog, il indique que les restakers peuvent subir des pénalités de slashing dans certaines situations, ce qui pourrait générer des conflits d’intérêts et fragiliser le consensus d’Ethereum, en particulier si les validateurs sécurisent plusieurs protocoles avec des exigences contradictoires.
Vitalik rappelle aussi l’importance de préserver le minimalisme fondamental de la blockchain, clé de la sécurité et de la fiabilité d’Ethereum. Il recommande de rester prudent sur l’extension du rôle du consensus, afin d’éviter de nouveaux risques systémiques ou des dépendances susceptibles de remettre en cause la neutralité et la sécurité du réseau. Ce débat reflète la réflexion en cours sur la portée du consensus de la couche de base et les risques liés à l’ajout de responsabilités pour les validateurs.
Malgré ces enjeux, l’écosystème du restaking évolue activement, avec EigenLayer en tête d’innovation tout en prenant en compte ces préoccupations. Sreeram Kannan, fondateur d’EigenLayer et du concept de restaking, a répondu à Vitalik et partagé sa vision : « Tout ce que le restaking permet, le liquid staking le permet déjà », suggérant que le restaking ne crée pas de risques systémiques nouveaux par rapport au liquid staking.
Sreeram souligne aussi le rôle de la gestion prudente du nombre de validateurs par Ethereum, citant des propositions pour réguler le rythme d’entrée des nouveaux validateurs. Il reconnaît la limite pratique à la capacité d’Ethereum d’offrir sa sécurité à des protocoles externes, mais estime que cela n’entrave pas la croissance et l’innovation du secteur. Au contraire, cela encourage un développement réfléchi et durable, respectueux des contraintes de la couche de base et créateur de valeur dans des limites adaptées.
Le dialogue entre développeurs de protocoles et la communauté centrale d’Ethereum constitue une dynamique vertueuse permettant au restaking d’évoluer sans compromettre la sécurité et la décentralisation du réseau.
La croissance responsable et l’auto-régulation sont désormais des priorités dans l’univers du restaking et des protocoles de liquid staking. À mesure que le secteur attire des capitaux, il devient essentiel de concilier innovation et préservation de l’intégrité de la blockchain pour garantir sa pérennité.
Les protocoles du restaking prennent conscience de la nécessité d’avancer prudemment et d’instaurer des limites auto-imposées afin de ne pas compromettre la stabilité et la sécurité de la blockchain sous-jacente. Cette démarche illustre une maturité accrue dans le développement des protocoles, où la santé de l’écosystème prime sur la croissance rapide.
Un exemple emblématique de cette approche est la décision du protocole EtherFi de plafonner volontairement l’ETH staké sous gestion à 25 % de l’offre totale d’Ethereum staké. Cette limitation vise à éviter qu’un seul protocole n’accumule une influence excessive sur le consensus Ethereum, ce qui pourrait exposer le réseau à des risques en cas de problèmes techniques, de défaillances de gouvernance ou de failles de sécurité.
La direction d’EtherFi considère qu’Ethereum est plus résilient et sécurisé quand les protocoles de liquid staking dotés de limites auto-imposées occupent une part significative du marché, plutôt que de voir la domination concentrée sur quelques acteurs majeurs. Cette vision traduit la prise de conscience croissante, dans la DeFi, de l’intérêt de la modération volontaire, même lorsque des protocoles disposent des moyens techniques et de la demande pour se développer davantage.
En adoptant ces limites, les protocoles de restaking renforcent la robustesse de l’écosystème Ethereum et instaurent des standards éthiques et durables pour l’ensemble de la blockchain. Ces mesures témoignent d’une priorité donnée à la stabilité à long terme sur la croissance à court terme et favorisent une culture de responsabilité profitable à tous. Cette approche renforce également la confiance des utilisateurs et des régulateurs, facilitant une adoption plus large et limitant les risques liés à la concentration du pouvoir.
Alors que le restaking séduit toujours plus d’acteurs dans la DeFi, il est indispensable pour tous — développeurs, investisseurs, validateurs, régulateurs — d’adopter une démarche équilibrée entre innovation et préservation de l’intégrité de la blockchain.
Cette posture garantit que l’engagement dans les nouvelles opportunités et les gains potentiels liés au restaking s’accompagne d’une vigilance face aux risques et enjeux systémiques pour l’écosystème. Les risques incluent des vecteurs potentiels de centralisation, des dépendances accrues, des corrélations de slashing et des conflits possibles entre protocoles sécurisés. Une gestion active et informée de ces risques est essentielle à la croissance durable du secteur.
En favorisant la coopération entre développeurs, le dialogue avec la communauté Ethereum et la prise de décision fondée sur une analyse complète des risques, la communauté DeFi contribue à bâtir un environnement plus solide et innovant, tout en préservant les principes de décentralisation, de sécurité et de résistance à la censure propres à la blockchain.
L’avenir du restaking dans la DeFi offre un potentiel considérable : efficacité accrue du capital, modèles de sécurité innovants, valeur supplémentaire pour les stakers Ethereum. Pour concrétiser ce potentiel, il faut promouvoir des pratiques responsables, une communication transparente sur les risques, une auto-régulation adaptée et l’évolution continue des standards au fil de la maturité de l’écosystème. L’avenir passe par l’expérimentation, l’apprentissage sur les premiers déploiements et l’adaptation aux enseignements et évolutions du secteur.
Le succès du restaking ne se mesurera pas seulement via la valeur verrouillée ou le nombre de protocoles sécurisés, mais par sa capacité à renforcer la sécurité et l’utilité d’Ethereum tout en préservant les qualités fondamentales du réseau. Avec un développement réfléchi et une croissance maîtrisée, le restaking peut devenir un levier majeur pour l’écosystème Ethereum et ouvrir de nouvelles perspectives pour l’infrastructure décentralisée.
Le restaking permet aux utilisateurs de re-staker leurs tokens afin d’obtenir des récompenses additionnelles sur plusieurs services simultanément. Contrairement au staking traditionnel, il offre une participation flexible à la sécurisation de protocoles supplémentaires sans période de blocage, maximisant le potentiel de rendement.
EigenLayer est un protocole qui traite la fragmentation de la sécurité dans les écosystèmes décentralisés. Il permet de créer des réseaux de confiance unifiés sur Ethereum, offrant aux restakers la possibilité de sécuriser plusieurs applications à la fois et ainsi de renforcer la sécurité et l’efficacité de l’écosystème.
Détenir de l’ETH et répondre aux exigences minimales définies par EigenLayer. S’inscrire sur la plateforme EigenLayer et déléguer son ETH staké. Suivre les dernières consignes d’éligibilité et les critères pour les validateurs.
Les revenus du restaking proviennent du re-staking d’ETH auprès de services de validateurs actifs (AVS), générant des frais liés à leurs besoins de sécurité. Le rendement annuel attendu est d’environ 4,3 % selon les projections actuelles de revenus Layer 2, mais le taux réel dépend de l’AVS et inclut des incitations en tokens natifs en plus des récompenses ETH.
Le restaking sur EigenLayer comporte des risques liés aux smart contracts et à la confiance dans les opérateurs. Pour limiter ces risques : diversifier les opérateurs, utiliser des hardware wallets et n’allouer que des fonds que l’on peut se permettre de perdre. Suivre régulièrement les mises à jour du protocole.
La réouverture d’EigenLayer renforce la sécurité et la scalabilité d’Ethereum, permettant à davantage d’applications de fonctionner efficacement. Elle élargit l’espace d’innovation pour les développeurs et stimule la croissance de l’écosystème grâce à des mécanismes de restaking optimisés.











