
Le restaking est une forme avancée de staking traditionnel, reposant sur la réaffectation ou le réinvestissement stratégique d’actifs stakés au sein des réseaux blockchain. Le staking consiste à immobiliser des actifs numériques en garantie pour soutenir le fonctionnement et la sécurité d’un réseau, offrant ainsi des récompenses aux participants. Le restaking va plus loin en permettant aux restakers de mobiliser leurs tokens stakés de façon dynamique sur plusieurs protocoles et couches simultanément.
Plutôt que de conserver passivement leur mise sur un seul réseau, les restakers peuvent redéployer leurs actifs sur différents protocoles ou couches de l’écosystème blockchain, maximisant ainsi l’utilité et le potentiel de rendement de leurs tokens immobilisés. Ce mécanisme produit un effet multiplicateur : un même capital peut sécuriser plusieurs réseaux et générer des récompenses composées. L’innovation réside dans la possibilité de conserver la position de staking initiale tout en étendant les garanties de sécurité à d’autres protocoles, offrant un modèle plus efficient en capital aussi bien pour les validateurs que pour les réseaux concernés.
Le restaking introduit également un nouveau paradigme de sécurité cryptoéconomique, en permettant aux validateurs d’accepter volontairement des conditions de slashing supplémentaires contre des récompenses plus élevées. Ce choix de risque et de rendement laisse au marché le soin de déterminer le niveau de sécurité adapté à chaque protocole, tout en offrant aux validateurs une plus grande flexibilité dans la gestion de leur capital à travers l’écosystème.
La nécessité du restaking apparaît à travers ses multiples avantages et les problématiques structurelles qu’il résout dans l’écosystème blockchain.
En premier lieu, le restaking permet d’étendre le modèle de sécurité Proof-of-Stake (PoS) d’Ethereum à d’autres systèmes distribués, renforçant l’infrastructure de sécurité globale de l’écosystème crypto. Les actifs stakés sur Ethereum peuvent ainsi contribuer à la sécurité d’autres écosystèmes, créant un effet de diffusion qui améliore la posture de sécurité des protocoles et plateformes interconnectés. Ce renforcement diminue considérablement les vulnérabilités au sein d’applications telles que les bridges inter-chaînes, les séquenceurs de layer 2, les couches de disponibilité des données, les réseaux d’oracles et les blockchains reposant sur différents modèles de consensus.
Traditionnellement, chaque nouveau protocole devait construire sa propre sécurité, générant fragmentation et inefficacité. Le restaking résout ce problème en permettant aux protocoles d’accéder directement à la base de sécurité d’Ethereum, représentant des milliards de dollars en valeur stakée. Ce système partagé réduit la surface d’attaque et rend toute tentative de compromission simultanée de plusieurs protocoles économiquement difficile.
Ensuite, le restaking abaisse fortement les barrières pour les utilisateurs et protocoles cherchant à bénéficier de la sécurité d’Ethereum sans développer leur propre mécanisme de consensus, favorisant ainsi une interopérabilité et une innovation accrues. Développer un mécanisme de consensus indépendant demande des ressources, du temps et une expertise technique poussée, ce qui décourage de nombreux projets innovants. Les coûts relatifs à l’attraction de validateurs, à la sécurisation économique et au maintien de l’intégrité du réseau sont lourds pour les nouveaux entrants.
Le restaking simplifie ce processus, permettant à ces acteurs d’exploiter l’infrastructure de sécurité d’Ethereum sans tout recréer. Cela réduit la complexité du développement et la charge opérationnelle, tout en ouvrant l’accès à une sécurité de haut niveau pour les petits projets et startups, favorisant l’innovation dans tout l’écosystème.
En adoptant le restaking, les protocoles et projets peuvent s’intégrer et interagir facilement avec la sécurité d’Ethereum, créant un écosystème plus cohérent. Cette interopérabilité nourrit un environnement collaboratif, où différents réseaux blockchain et applications décentralisées partagent ressources et innovations. Il en résulte une dynamique d’innovation, propulsée par des applications cross-chain sophistiquées et un effet de réseau bénéfique à l’ensemble de la finance décentralisée. Ce modèle partagé accélère aussi la mise sur le marché des nouveaux protocoles, leur permettant de se concentrer sur leur valeur ajoutée sans se soucier des problématiques de sécurité.
Le restaking repose sur le principe de réhypothécation des actifs stakés, qui permet aux utilisateurs d’étendre les bénéfices et garanties de sécurité de leurs tokens immobilisés à divers protocoles ou couches du réseau blockchain. Contrairement au staking traditionnel, les actifs ne restent pas bloqués sur un seul protocole.
Concrètement, les restakers apportent leurs actifs stakés pour renforcer la sécurité d’applications décentralisées ou d’autres composants blockchain, au-delà du réseau initial. Cette dynamique favorise une participation plus diversifiée dans l’écosystème, générant plusieurs niveaux de sécurité économique à partir d’un même capital.
Techniquement, la mise en œuvre implique généralement que les validateurs redirigent leurs identifiants de retrait vers des smart contracts spécialisés qui gèrent le restaking. Ces contrats imposent des conditions de slashing supplémentaires pour protéger les protocoles secondaires. Les validateurs participant au restaking acceptent d’être pénalisés en cas de faute non seulement sur la couche de base, mais aussi sur les services additionnels sécurisés.
Ce modèle économique sophistiqué permet à un même capital staké de valider plusieurs protocoles, chacun avec ses propres règles et conditions de slashing. Les récompenses sont augmentées pour compenser les risques additionnels, offrant des incitations de marché aux validateurs tout en maintenant des standards élevés d’opération.
Le processus introduit aussi les Liquid Restaking Tokens (LRT), qui représentent les positions de restaking et sont librement échangeables ou utilisables dans les applications DeFi. Cette couche de liquidité préserve l’efficience du capital des participants, rendant le restaking accessible à un public plus large, au-delà des validateurs professionnels.
Plusieurs protocoles innovants se sont affirmés comme leaders du restaking, chacun proposant une approche spécifique pour implémenter et optimiser ces mécanismes. Ces plateformes enregistrent une valeur totale verrouillée (TVL) significative et dynamisent l’adoption du restaking dans le secteur.
EigenLayer est un protocole pionnier dans l’innovation du restaking, qui redéfinit la manière d’exploiter la sécurité d’Ethereum à l’échelle de l’écosystème. Il propose un mécanisme permettant aux utilisateurs d’amplifier les garanties de sécurité de leur ETH staké sur divers systèmes et applications décentralisés connectés ou construits sur Ethereum.
L’innovation centrale d’EigenLayer repose sur l’agrégation de l’ETH staké par de nombreux validateurs, offrant des services de validation à de multiples applications et mutualisant les ressources de sécurité, ce qui réduit la fragmentation historique de l’écosystème Ethereum. En créant un marché de services de sécurité décentralisés, EigenLayer permet aux protocoles d’accéder à une sécurité robuste sans devoir constituer et gérer leur propre ensemble de validateurs.
Avec le mécanisme avancé de restaking d’EigenLayer, les participants choisissent de rediriger leur ETH staké afin de renforcer la sécurité de divers protocoles, acceptant des conditions de slashing supplémentaires pour dissuader les comportements malveillants. Cette approche stratégique contribue à établir un paradigme de sécurité solide pour les applications fondées sur Ethereum, augmentant la résilience et la fiabilité du réseau.
Le protocole introduit le concept d’« Actively Validated Services » (AVS), c’est-à-dire tout système nécessitant une logique de validation distribuée. Il s’agit notamment de sidechains, couches de disponibilité des données, réseaux d’oracles, bridges ou services intermédiaires. EigenLayer permet à ces systèmes de bénéficier de la sécurité d’Ethereum, les validateurs pouvant valider leurs protocoles en plus du réseau principal.
Le modèle unique d’EigenLayer renforce la sécurité et favorise un environnement collaboratif, où la force collective de l’ETH staké consolide l’intégrité de l’écosystème Ethereum. La plateforme introduit des concepts tels que la « delegation d’opérateur » et l’« assurance slashing », qui offrent des niveaux de protection et de flexibilité supplémentaires aux participants. Ce modèle de sécurité évolutif s’adapte à la croissance de l’écosystème décentralisé.
EtherFi (eETH) est un protocole de staking Ethereum décentralisé qui s’est rapidement imposé dans le liquid restaking. Initialement conçu pour développer un réseau de validateurs individuels, EtherFi a intégré la Distributed Validator Technology (DVT) pour démocratiser l’accès aux récompenses de staking.
Cette technologie fragmente les clés de validateurs entre divers opérateurs, permettant à plus d’utilisateurs de participer au staking sans atteindre le seuil traditionnel de 32 ETH. Ce système réduit la concentration des risques de slashing, favorise la décentralisation et limite les points de défaillance uniques.
EtherFi a ensuite élargi son périmètre, entrant dans le staking et le liquid restaking grâce à son token eETH, qui combine les fonctions de Liquid Staking Token (LST) et de Liquid Restaking Token (LRT). Cette innovation offre aux utilisateurs une flexibilité et un potentiel de rendement accrus.
Les participants peuvent obtenir du eETH en stakant de l’ETH, recevant à la fois les récompenses natives du staking sur Ethereum et des capacités de restaking via l’intégration à EigenLayer. Ce modèle permet de cumuler deux types de récompenses, se distinguant des solutions classiques de liquid staking, tout en supprimant la nécessité d’une action manuelle supplémentaire pour le restaking.
Les utilisateurs peuvent également utiliser leur eETH dans divers protocoles DeFi pour générer des rendements additionnels, ce qui en fait un instrument financier polyvalent dans l’écosystème. Le token sert de collatéral pour des prêts, peut être utilisé comme liquidité sur des exchanges décentralisés ou déployé dans des stratégies de yield farming, tout en continuant à rapporter des récompenses de staking et de restaking.
Le mécanisme EtherFi repose sur la redirection des adresses de retrait des validateurs ETH vers des EigenPods, des smart contracts spécialisés qui gèrent le restaking. Les utilisateurs accumulent des points issus de diverses sources, qui devraient se traduire par des récompenses de protocole et des droits de gouvernance. EtherFi a mis en place des mécanismes de gestion des risques avancés pour protéger les fonds tout en maximisant le rendement potentiel sur plusieurs couches de l’écosystème.
KelpDAO est un acteur majeur du liquid restaking, connu pour l’émission de Liquid Restaking Tokens (LRT) innovants tels que rsETH. Le protocole facilite la conversion d’actifs stakés en LRT liquides, offrant une représentation flexible des positions de restaking, négociables et utilisables dans tout l’écosystème DeFi.
RsETH, LRT phare de KelpDAO, permet aux restakers d’exploiter le paysage DeFi tout en conservant leur exposition aux actifs stakés et aux récompenses associées. Cette avancée améliore l’efficience du capital, les utilisateurs n’ayant plus à choisir entre liquidité et rendement de staking.
Concrètement, les restakers stakent leurs Liquid Staking Tokens (LST) auprès de KelpDAO pour générer des rsETH, qui donnent un droit de propriété proportionnel sur un pool diversifié d’actifs restakés. Ce système mutualise les risques entre plusieurs validateurs et protocoles, tout en simplifiant la gestion des positions de restaking.
Les détenteurs de rsETH peuvent utiliser ces tokens dans différents protocoles DeFi pour générer des rendements supplémentaires ou opter pour une liquidité immédiate via les Automated Market Makers (AMM) et exchanges décentralisés. Cette flexibilité permet d’ajuster rapidement leur stratégie selon les conditions du marché, sans sacrifier les récompenses de staking ou la contribution à la sécurité.
KelpDAO a mis en place des stratégies de gestion des risques avancées : diversification entre opérateurs de nœuds et protocoles, audits de sécurité réguliers et mécanismes d’assurance pour la protection des fonds. Le protocole surveille en continu la performance et la sécurité des positions restakées, rééquilibrant automatiquement pour optimiser les rendements tout en maîtrisant le niveau de risque.
Enfin, KelpDAO propose une gouvernance décentralisée, permettant aux détenteurs de rsETH de participer aux décisions sur le choix des protocoles de restaking, les paramètres de risque et la structure des frais. Ce modèle garantit que le protocole évolue selon les intérêts de la communauté et reste compétitif dans l’environnement du restaking.
Le restaking, porté par des protocoles tels qu’EigenLayer et promu par EtherFi ou KelpDAO, marque une avancée majeure dans le staking et représente une évolution fondamentale de la sécurité blockchain. Sa capacité à mutualiser les ressources de sécurité, optimiser l’utilisation des actifs et renforcer l’engagement dans la finance décentralisée reflète la maturité et le potentiel croissant des écosystèmes financiers blockchain.
Le restaking répond à des défis essentiels qui limitaient la scalabilité et la sécurité des réseaux blockchain. En permettant la réutilisation du capital staké sur plusieurs protocoles, il crée un modèle de sécurité plus efficient en capital, profitable aux validateurs en quête de rendement et aux protocoles exigeant des garanties robustes. Cette innovation accélère le développement et le déploiement de nouvelles applications blockchain, en abaissant fortement les obstacles à la sécurisation économique.
À mesure que l’écosystème crypto évolue, le restaking demeure un vecteur d’innovation, favorisant un avenir blockchain plus interconnecté, sécurisé et efficient. Les protocoles et mécanismes décrits ici ne sont qu’un début d’une transformation profonde de la mutualisation et du partage des ressources de sécurité au sein des réseaux décentralisés. L’essor des technologies de restaking jouera probablement un rôle central dans l’émergence de la prochaine génération d’applications et de services blockchain, contribuant à la vision d’une économie numérique décentralisée et sans intermédiaire.
Le restaking consiste à re-staker des actifs déjà stakés ou leurs dérivés pour obtenir des rendements supérieurs. Contrairement au staking traditionnel, qui implique le staking direct sur un réseau unique, le restaking mobilise des tokens dérivés pour staker sur plusieurs protocoles simultanément, ce qui augmente les rendements mais aussi la complexité et l’exposition aux risques des systèmes DeFi interconnectés.
Le restaking permet aux validateurs de redéployer des actifs stakés sur plusieurs protocoles, renforçant la sécurité et la résilience des réseaux. Les stakers mobilisent leurs tokens immobilisés sur différentes infrastructures blockchain, ce qui optimise la sécurité globale tout en générant des récompenses additionnelles.
Le restaking comporte des risques de pertes financières importantes liées à des erreurs, des failles ou des difficultés d’audit complexes. Une centralisation excessive peut concentrer le capital entre quelques acteurs. Les pertes potentielles dépendent de la performance des validateurs et de la sécurité des smart contracts.
Pour débuter le restaking, il faut disposer d’un nœud validateur Ethereum et satisfaire aux exigences minimales en actifs de la plateforme choisie. Il suffit de staker les identifiants du nœud dans le contrat dédié pour commencer à percevoir des récompenses additionnelles via les services de sécurité cryptoéconomique.
Les participants au restaking obtiennent des rendements supplémentaires en redéployant leurs actifs stakés sur plusieurs protocoles, renforçant la sécurité du réseau. Ils bénéficient de récompenses issues du staking de base et du restaking, ce qui maximise l’efficience et la rentabilité de leur capital.
Les principales plateformes de restaking sont Ethereum, Lido, Rocket Pool et EigenLayer. Parmi les projets majeurs, figurent Polkadot, Cosmos et plusieurs blockchains L1, permettant aux validateurs de générer des rendements additionnels tout en sécurisant plusieurs réseaux simultanément.
Le restaking renforce la sécurité des blockchains en permettant aux actifs stakés de soutenir plusieurs réseaux, ce qui réduit significativement les coûts de lancement pour les nouveaux projets. Il augmente la résilience des réseaux face aux attaques et abaisse les barrières de participation pour les validateurs, permettant aux petits stakers de générer des récompenses additionnelles tout en contribuant à la sécurité globale.
Le restaking est une extension du staking basée sur les Liquid Staking Tokens (LST) : il permet de re-staker les LST pour obtenir des récompenses additionnelles tout en renforçant la sécurité du réseau, augmentant ainsi le potentiel de rendement des actifs déjà stakés.











