
De 2020 à 2026, les actions de la SEC ont profondément modifié l’approche des plateformes et des émetteurs d’actifs numériques en matière de surveillance réglementaire et d’obligations de conformité. Les interventions ciblant les offres de titres non enregistrées et les opérations frauduleuses ont contraint les plateformes d’échange, les émetteurs et les prestataires de services à renforcer leur infrastructure de conformité et leurs capacités de reporting. Le régime de supervision renforcé de la SEC a sensiblement augmenté les coûts réglementaires, obligeant les organisations à investir dans l’expertise juridique, les technologies de conformité et les audits pour répondre à des exigences plus élevées.
L’effet de ces actions coercitives dépasse les sociétés directement visées, générant des répercussions sur l’ensemble de l’écosystème des cryptomonnaies. Les banques adoptent des mesures de réduction des risques vis-à-vis des plateformes liées à des cibles de la SEC ou à des actifs sanctionnés, tandis que les principales plateformes d’échange retirent proactivement les tokens exposés à des risques réglementaires. Cette dynamique pousse tous les acteurs du marché — dépositaires, plateformes de négociation — à adopter des exigences de conformité plus strictes et des standards de reporting transparents. Les prestataires de services font l’objet d’un contrôle accru sur la vérification des clients et la surveillance des transactions, ce qui fixe de nouveaux standards opérationnels pour le secteur.
Des systèmes KYC et de diligence client rigoureux constituent la base de la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la fraude sur les marchés des cryptomonnaies. Ces cadres exigent des institutions qu’elles vérifient l’identité des clients et évaluent leur risque tout au long du cycle de vie, dépassant la seule étape d’intégration initiale.
La diligence client s’appuie sur une approche fondée sur le risque, où l’intensité des contrôles varie selon le profil du client. Les clients à faible risque sont soumis à une procédure simplifiée (SDD) comprenant une vérification basique des sanctions, tandis que les profils à risque élevé, comme les personnes politiquement exposées (PEP) ou opérant dans des juridictions à risque, font l’objet de vérifications renforcées (EDD). Cette logique permet d’optimiser les ressources tout en assurant la conformité réglementaire.
La mise en place de systèmes KYC/AML complets suppose l’intégration du screening des sanctions, de la vérification de l’ayant droit économique et du suivi continu des transactions. Plutôt que de considérer la diligence comme un événement ponctuel, les institutions modernes adoptent des modèles KYC évolutifs, actualisant les profils de risque à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Selon le rapport Deloitte 2024 Financial Crime Benchmarking, la diligence client représente jusqu’à 30 % des dépenses AML pour les grands établissements financiers, illustrant l’importance de l’investissement opérationnel requis.
Les plateformes d’échange et les prestataires financiers doivent établir des politiques AML formalisées, démontrant la conformité de leurs procédures de diligence client avec les attentes réglementaires tout en restant proportionnées au risque réel. L’équilibre entre protection complète et efficacité opérationnelle conditionne la réussite de la conformité et la viabilité organisationnelle.
La blockchain offre une transparence inégalée pour l’audit, générant des registres immuables facilitant la vérification pour les régulateurs. Cette transparence répond à un critère essentiel des dispositifs de conformité modernes, où prouver l’authenticité et l’auditabilité des transactions est indispensable. Cependant, l’alignement entre les capacités techniques de la blockchain et les standards réglementaires reste complexe et nécessite une adaptation rigoureuse pour garantir la conformité.
La principale difficulté réside dans la conciliation de la décentralisation de la blockchain avec des standards réglementaires issus de systèmes centralisés. La plupart des réglementations ont été conçues avant l’arrivée de la blockchain, entraînant des difficultés d’intégration pour les organisations. Si la blockchain assure une grande intégrité des données pour l’audit, les régulateurs exigent des mécanismes conformes aux protocoles de gouvernance établis. Ainsi, la seule transparence technologique ne suffit pas à garantir la conformité.
Pour combler cet écart, les organisations ajoutent des couches de gouvernance afin de traduire la transparence blockchain dans des formats reconnus par les régulateurs. De nombreuses plateformes intègrent des fonctions de reporting avancé, des systèmes de vérification d’identité et des standards de documentation compatibles avec l’infrastructure blockchain. Ces mesures complémentaires permettent de répondre aux exigences réglementaires tout en valorisant l’audit blockchain.
Les cadres réglementaires évoluent progressivement pour intégrer les particularités de la blockchain, certaines juridictions développant des standards dédiés aux technologies de registre distribué. Cette évolution montre que la transparence d’audit blockchain peut contribuer aux objectifs réglementaires, à condition d’être intégrée dans des dispositifs de conformité complets. Les organisations à l’interface de ces deux domaines doivent anticiper les évolutions technologiques et réglementaires pour maintenir leur conformité juridique.
La SEC cible principalement les offres de titres non enregistrés et les opérations non agréées. Les principales actions concernent les projets sans enregistrement et les plateformes facilitant la négociation de titres non enregistrés. Les cas notables impliquent des plateformes majeures poursuivies pour activités d’échange ou de courtage non conformes à la réglementation.
Les politiques KYC et AML préviennent le blanchiment d’argent et la fraude, tout en protégeant les fonds des utilisateurs. Le non-respect entraîne des sanctions judiciaires, la fermeture de la plateforme et des mesures réglementaires. La conformité renforce la confiance du marché et assure un environnement d’échange sécurisé.
La transparence d’audit impose des audits indépendants et une communication financière publique. Pour évaluer la qualité d’un audit, il convient d’examiner la réputation de l’auditeur, le contenu du rapport, la vérification des smart contracts et la prise en compte publique des conclusions par l’équipe projet.
Les États-Unis se distinguent par une réglementation ambiguë fondée sur la législation existante, tandis que le Japon et Singapour disposent de cadres explicites. L’Union européenne privilégie la protection des consommateurs via MiCA, et Hong Kong applique un système d’agrément. La clarté réglementaire varie fortement selon les juridictions.
Les portefeuilles en auto-conservation présentent des lacunes AML/KYC, des difficultés de déclaration fiscale, des risques de blanchiment et une incertitude réglementaire. Les failles de sécurité, les vulnérabilités des smart contracts et l’absence de protection juridique pour les détenteurs de clés privées constituent également des enjeux majeurs selon les juridictions.











